Etablissements burgondes dans le Territoire de Belfort
Le Territoire de Belfort n’est pas seulement une unité admi¬ nistrative formée, après la guerre de 1870, des débris du dépar¬ tement du Haut-Rhin ayant échappé à l’annexion. C’est, en réalité, une unité géographique parfaitement bien délimitée et qui comprend, d’une part, la vallée de la Savoureuse ; d’autre part, la plaine de Fontaine jusqu’à la ligne de partage des eaux entre le Rhône et le Rhin.
C’est la plaine de Fontaine qui constitue, à proprement par¬ ler, la trouée de Belfort, expression récente qui désigne le che¬ min des invasions entre Vosges et Jura. En réalité, la plaine de Fontaine n’était, jusqu’au vne siècle au moins, qu’une forêt marécageuse infranchissable. Le manque total de trouvailles préhistoriques confirme bien l’absence d’activité humaine. Pour l’envahisseur venant de l’Est, la traversée du grand marécage, qui commençait à Lauw (* Lutavo), ne pouvait se faire que par la voie qui longe au nord le pied des Vosges et mène à la vallée de la Savoureuse.
Une autre voie d’accès à la Gaule longe le pied du Jura pour déboucher sur le Doubs par la vallée de l’Allaine. Cette voie aboutissait primitivement au pays des Rauraques et des Hel¬ vètes. Depuis l’époque romaine, un embranchement parti de Larga menait à Brisiacus par la plaine d’Alsace et constituait également un chemin d’invasion.
Au contraire de la plaine de Fontaine, la vallée de la Savou¬ reuse et ses abords immédiats ont connu un peuplement ancien très important. La vallée de la Savoureuse a une importance stratégique primordiale. La route des Vosges débouche dans la plaine de Chaux, enserrée entre le massif du Ballon et les maré¬ cages d’Evette. Sa seule issue, le défilé de Valdoie, où la Savou¬ reuse se faufile entre les collines du Salbert et de l’Arsot, consti¬ tue la véritable porte de France ou de Bourgogne, par où


















