Rukwapithecus
Rukwapithecus fleaglei
Rukwapithecus est un genre fossile de grands singes de la sous-famille est-africaine des Nyanzapithecinae (en), ayant vécu en Tanzanie à la fin de l'Oligocène, il y a 25,2 millions d'années (Ma). Le genre n'est représenté que par son espèce type, Rukwapithecus fleaglei. Il s'agit de l'un des plus anciens Hominoidea connus.
Historique
[modifier | modifier le code]Le seul fossile connu est une demi-mandibule droite ayant conservé sa branche montante et quatre dents, la prémolaire P4 et les trois molaires, trouvée en 2011-2012 dans la formation de Nsungwe (en), localité 2B, en Tanzanie. Le genre Rukwapithecus et l'espèce Rukwapithecus fleaglei ont été décrits en 2013 par Nancy Stevens et al.[1],[2],[3].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Rukwa fait référence au bassin de faille du Rukwa, dans le sud-ouest de la Tanzanie, où le fossile a été découvert. Pithecus vient du grec ancien píthēkos (πίθηκος), qui signifie « singe ». L'épithète spécifique rend hommage au paléoprimatologue américain John G. Fleagle[1].
Description
[modifier | modifier le code]Rukwapithecus montre deux traits exclusifs des Hominoidea : la position buccale de l'hypoconulide de la molaire M2, et la migration mésiale des cuspides sur le côté buccal des molaires inférieures. Rukwapithecus partage en particulier de nombreux traits avec son parent Rangwapithecus du Miocène inférieur. Il en diffère toutefois notamment par les traits suivants : une fovéa mésiale plus étroite, une marge distale moins effilée de la molaire M3, et une crête réduite entre l'entoconide et l'hypoconulide des molaires inférieures[1].
Datation
[modifier | modifier le code]La couche fossilifère de Nsungwe est intercalée entre deux couches volcaniques datées précisément par datation uranium-plomb de 25,24 et 25,21 Ma[1]. Rukwapithecus est donc daté de 25,22 millions d'années, ce qui en fait l'un des plus anciens Hominoidea connus[4],[5].
Classification
[modifier | modifier le code]Rukwapithecus fait partie de la sous-famille fossile des Nyanzapithecinae (en)[1], dont le placement précis parmi les Hominoidea demeure discuté.
Paléoécologie
[modifier | modifier le code]La formation de Nsungwe a également livré une dent fossile de Nsungwepithecus (en), un genre ancestral de Cercopithecoidea, de même datation. Rukwapithecus et Nsungwepithecus ont conjointement repoussé la datation de la divergence entre Hominoidea et Cercopithecoidea au-delà de 25,2 Ma. Selon les estimations liées à l'horloge moléculaire, cette divergence pourrait dater jusqu'à environ 31 Ma[6].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives au vivant :
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Publication originale
[modifier | modifier le code]- [2013] (en) Nancy J Stevens, Erik R Seiffert, Patrick M O'Connor, Eric M Roberts, Mark D Schmitz, Cornelia Krause, Eric Gorscak, Sifa Ngasala, Tobin L Hieronymus et Joseph Temu, « Palaeontological evidence for an Oligocene divergence between Old World monkeys and apes », Nature, NPG et Springer Science+Business Media, vol. 497, no 7451, , p. 611-614 (ISSN 1476-4687 et 0028-0836, OCLC 01586310, PMID 23676680, DOI 10.1038/NATURE12161).
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Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 Nancy Stevens et al. 2013, p. 611-614.
- ↑ (en) Paleobiology Database : †Rukwapithecus Stevens et al., 2013 (ape) (consulté le ).
- ↑ (en) Paleobiology Database : †Rukwapithecus fleaglei Stevens et al., 2013 (ape) (consulté le ).
- ↑ « De nouveaux fossiles indiquent que singes et grands singes ont divergé très tôt », Maxisciences, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Two New Fossils Reveal Details of Ape/Monkey Split », sur National Geographic,
- ↑ (en) Leonie M. Cohen, Steve C. Wang et Philip D. Gingerich, « Fossil-based dating of the divergence of Hominoidea and Cercopithecoidea », The Geological Society of America,