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Histoire et Patrimoine > L?Histoire de la Sorbonne

  • La Sorbonne�: lieu historique
  • Extraits d?ouvrages
  • Le renouveau de la pens�e m�di�vale ? La Fondation du Quartier Latin
  • La fondation de la Sorbonne
  • L?Universit� en question - Censure et Pouvoir
  • La Sorbonne de Richelieu - La Chapelle - L?Architecture Int�rieure
  • Le creux de la vague
  • L?Empire�: renaissance d?une corporation la�que
  • La reconstruction
  • Des lieux pour le prestige ? La nouvelle Sorbonne
  • La Sorbonne�: lieu historique

    Image1La Sorbonne doit son nom � son fondateur, Robert de Sorbon, chapelain et confesseur du roi de France, Saint Louis. Son histoire , au cours des si�cles, a �t� si intimement li�e � celle de l'Universit� de Paris, qu'elle en est devenue le symbole.

    L'Universit� na�t au XIII�me si�cle, de �l'organisation en corporation des ma�tres et �coliers de Paris.

    Primitivement install�s dans l'Ile de la Cit� , ils sont venus, d�s le XII�me si�cle, dans le futur "quartier latin" o� la th�ologie , le droit, la m�decine, et les arts sont enseign�s, � des jeunes gens venant des 4 nations (Fran�aise, Picardes, Normande et Anglaise) lui conf�rant , d�s l'origine, un prestige international.

    Le coll�ge de Sorbon , fond� en 1257/58, est alors l'un des nombreux coll�ges h�bergeant, sur les flancs de la Montagne Sainte Genevi�ve, des �tudiants pauvres. Tr�s vite, ces coll�ges deviennent le cadre des disciplines universitaires de Paris et le coll�ge de Sorbon, une c�l�bre facult� de th�ologie - LA SORBONNE - qui prendra une part active aux d�bats philosophiques et politiques de son temps, oscillant , au gr� d'une histoire foisonnante, entre un conservatisme jaloux et un lib�ralisme �clair�.

    Reconstruite par Richelieu au XVII�me si�cle, ferm�e par la R�volution en 1791, atelier d'artistes en 1801, la Sorbonne est � nouveau affect�e � l'enseignement en 1821. A la fin du XIX�me si�cle , la R�publique la reconstruira � son tour pour faire , de la Nouvelle Sorbonne, le sanctuaire de l'esprit , le lieu privil�gi� de la connaissance. Centre de ralliement de la contestation en mai 1968, l'Universit� est r�organis�e depuis en universit�s autonomes , mais la Sorbonne, symbole de l'universit� fran�aise, demeure, encore et toujours , l'espace magique, le point magn�tique de la jeunesse et du talent.

    Extraits d?ouvrages

    Un ouvrage bilingue (fran�ais/anglais) intitul� "quand la pens�e rayonne" propose une pr�sentation et un historique de ce prestigieux b�timent - Ed-PC (photos Xavier Richer et Gilles Trillard)- Il est en vente � l'accueil au 17 Rue de la Sorbonne (23 ?).

    Le renouveau de la pens�e m�di�vale ? La Fondation du Quartier Latin

    Image2Fondation priv�e, la Sorbonne na�t en 1257, bien apr�s l'universit� de Paris qui a longuement m�ri au cours du XIIe si�cle. Mais celle-ci n'est elle-m�me que le r�sultat de la reconqu�te du savoir antique, oeuvre des moines puis des �v�ques tout au long des premiers si�cles du moyen �ge.

    Avec les grandes invasions avait durablement sombr� la culture classique, grecque et latine. Seule l'�glise, au fond de quelques monast�res, se pr�occupait de transmettre un savoir dont la finalit� avait �volu� : refusant la philosophie pa�enne, les clercs privil�giaient les textes susceptibles d'une interpr�tation chr�tienne et les exemples de belle langue latine. Car m�me la langue �tait � r�apprendre !

    Charlemagne et son chancelier Alcuin donn�rent une impulsion d�cisive en cr�ant aupr�s de chaque �v�que une "�cole" destin�e � former les cadres de l'�glise, donc de l'�tat, sous l'autorit� de son chancelier ou "�col�tre". C'�tait lier le savoir aux villes, si�ges des �v�ch�s, et non plus uniquement aux monast�res isol�s. Alcuin organisa les connaissances de l'�poque en deux cycles de trois et quatre disciplines, les "arts lib�raux" (ou "arts"), inventant ainsi le trivium et le quadrivium en usage en France jusqu'� la R�volution, et qui n'�taient que l'introduction � l'�tude par excellence, celle de la th�ologie.

    Si d'autres champs du savoir se d�veloppent dans les si�cles qui suivent, arts et th�ologie resteront toujours le noyau de l'universit� de Paris.

    Gr�ce � la r�putation de leurs professeurs, certaines de ces �coles se firent conna�tre au-del� des limites de leur dioc�se, concurren�ant les �coles monastiques : ainsi de Paris et de Chartres aux Xe et XIe si�cles. L'�col�tre de Paris Guillaume de Champeaux, au d�but du XIIe si�cle, dut ainsi affronter, devant des effectifs d'�tudiants d�j� importants, le chanoine Pierre Ab�lard - l'un des ma�tres les plus brillants du temps - dans la controverse th�ologique des universaux.

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    La fondation de la Sorbonne

    En 1257, parmi les premiers fond�s, �figure celui dont le nom �clipsera tous les autres, le coll�ge de Sorbonne : c'�tait une oeuvre du confesseur de saint Louis, le chanoine Robert de Sorbon (1201-1274), soutenue par des lib�ralit�s royales, pour l'entretien de vingt, puis trente-deux �tudiants en th�ologie.

    Le terrain donn� � cet usage par saint Louis �tait born� par une ruelle cit�e (en fran�ais) dans l'acte de donation en latin sous le nom de Coupe-Gueule. Close aux deux bouts par Robert de Sorbon, elle prit le nom de rue des Deux-Portes : c'est l'actuelle rue de la Sorbonne. Le coll�ge s'�tendait sur peu de profondeur le long de la rue, autour d'une cour rectangulaire que Richelieu agrandira au XVIIe si�cle. Rien ne subsiste plus de ses b�timents, modestes et h�t�rog�nes : peu modifi�s jusqu'aux travaux de Richelieu, ils comprenaient sur la rue des logements pour les docteurs du coll�ge, au fond de la cour un r�fectoire ainsi que la biblioth�que , vite tr�s importante. Avec sa petite fl�che et sa nef unique, la chapelle �lev�e en 1347 sous l'invocation de sainte Ursule ne frappait gu�re. Son plan, tel que l'ont restitu� les fouilles ex�cut�es vers 1893, est figur� sur le pavage de l'actuelle cour d'honneur?

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    L?Universit� en question - Censure et Pouvoir

    Toujours prestigieuse, l'universit� ne retrouvera plus, jusqu'� la R�volution, le dynamisme des premiers temps ; en son sein, la belle unit� des origines fait place � la pr��minence de certains de ses membres. Sans conteste, le plus important reste la facult� de th�ologie ; et � l'int�rieur de celle-ci la Sorbonne en vient � prendre assez de poids pour, pratiquement, se confondre et avec la facult� (d�s le XVe si�cle), voire avec l'universit� tout enti�re.

    La premi�re mutation, sociale, sonne le glas de l'universalisme. L'instabilit� politique � Paris pendant la guerre de Cent ans, o� l'Universit�, abandonnant Charles VI, prend fait et cause successivement pour les Bourguignons puis pour les Anglais, provoque un repli de son recrutement, bient�t presque limit� � la France du Nord ; corr�lativement, d�s le XVe si�cle, les nations perdent leurs pr�rogatives. � la m�me �poque, le corps universitaire se la�cise, se rapproche de la noblesse, tandis que les �tudiants pauvres se concentrent dans les facult�s des arts et de th�ologie pour briguer des b�n�fices eccl�siastiques.

    En revanche, l'influence des coll�ges se d�veloppe. Deux d'entre eux, la Sorbonne et le coll�ge de Navarre, partagent avec les couvents des mendiants l'enseignement de la th�ologie, une dizaine d'autres monopolisent celui des arts. L'action des facult�s se r�duit � l'organisation des examens - qui deviendront au XVIe si�cle une simple formalit� - et au contr�le des coll�ges soutenus par le roi (qui ne pardonne pas la trahison pendant la guerre de Cent ans) comme par les humanistes qui y rencontrent parfois le meilleur accueil.

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    La Sorbonne de Richelieu - La Chapelle - L?Architecture Int�rieure

    Image3� la fin du XVIe si�cle, les murs de la Sorbonne mena�aient ruine sans un protecteur fortun� et actif. Le coll�ge sut le trouver en la personne d'Armand du Plessis de Richelieu, le futur ministre de Louis XIII, qui le reconstruisit de fond en comble de 1627 � 1642.

    Depuis longtemps membre de la soci�t� de Sorbonne - il y avait, � vingt-deux ans, soutenu avec dispense d'�ge sa th�se "sorbonnique" - Richelieu postula en 1622 � la succession du d�funt proviseur du coll�ge, le cardinal de Harlay, et fut fort opportun�ment agr�� quelques jours avant sa propre accession au cardinalat. Homme d'�tat, le Cardinal resta toujours un pr�lat r�formateur, dans un demi-si�cle o� le catholicisme fran�ais, dans le prolongement du concile de Trente, se renouvelait presque convulsivement. Son soutien aux nouvelles congr�gations b�n�dictines passait par l'appui au renouveau intellectuel dans lequel la Sorbonne pouvait avoir sa part. La reconstruction des b�timents se doublait d'ailleurs chez cet ambitieux b�tisseur du souci d'une s�pulture � sa mesure : c'est ainsi qu'au gr� de sa carri�re politique il r�visa plusieurs fois son modeste projet initial, partiellement r�alis� entre 1626 et 1628?

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    Le creux de la vague

    La facult� de th�ologie a travers� le si�cle des Lumi�res comme le reflet d'elle-m�me. Comme toute l'universit� de Paris, elle est en fait entr�e dans une l�thargie dont ne la r�veillera que le geste autoritaire de Napol�on, en 1806.

    La trentaine d'ann�es qui suit 1789 est une p�riode trouble pour tout l'enseignement universitaire et plus encore pour la Sorbonne. � l'instar des autres corporations, les facult�s tombent sous le coup de la loi Le Chapelier de 1791 : les cours sont suspendus par un d�cret du 17 octobre de la m�me ann�e, tandis que la "soci�t�" de Sorbonne est supprim�e le 5 avril suivant. Les b�timents ne recevront plus d'�tudiants pendant trente ans.

    La R�volution s'int�resse de pr�s � l'enseignement sup�rieur, dont elle fait l'affaire de l'�tat ; pour bien se d�marquer des institutions vieillies elle ne parle plus d'universit�s mais d'"�coles sp�ciales", selon un mod�le lanc� sous Louis XV (�cole v�t�rinaire, �cole des Ponts-et-chauss�es). Certaines de ses cr�ations, se reconstituant sur la base des facult�s, �mergent rapidement (droit et m�decine), tandis que les plus novatrices, telle l'embryon de l' �cole normale sup�rieure , se mettent plus difficilement en place. Rien, bien entendu, ne remplace la facult� de th�ologie; et sous le Consulat le syst�me con�u six � huit ans plus t�t n'est encore qu'imparfaitement organis�?

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    L?Empire�: renaissance d?une corporation la�que

    Plus que jamais, l'Universit� qui rena�t sous l'Empire sera un instrument du pouvoir. Oblig�e d'en suivre les revers multiples - capable, rarement, de les influencer -, elle parviendra n�anmoins, en quelques d�cennies, � regagner par la stature de ses professeurs cette audience internationale qui faisait sa force au moyen-�ge. Et pourtant : la d�faite de Sedan fera �clater en 1870 les faiblesses de sa p�dagogie comme son retard vis-�-vis des universit�s allemandes.

    La n�cessaire r�forme doit passer par des moyens nouveaux, notamment par de nouveaux b�timents : elle sera accomplie, sur tous les plans, par la g�n�ration positiviste au pouvoir apr�s 1879, par la IIIe R�publique la�que et progressiste.

    Tout au long du si�cle, l'�tat aura de plus en plus assum� la mission d'enseignement affirm�e par la R�volution fran�aise : cent ans plus tard, l'inauguration de la Nouvelle Sorbonne permet en 1889 de jeter un regard satisfait sur le chemin parcouru.

    Cr�ant en 1806 l'Universit� imp�riale, qui se concr�tise � partir de 1808, Napol�on en fait une pierre angulaire de sa construction institutionnelle. Tr�s centralis�e - il n'y en a plus qu'une, qui g�re toutes les facult�s de France -, l'Universit� est dirig�e par un Grand ma�tre, n'a d'autre mission que de former les cadres qui font alors d�faut, notamment dans les disciplines juridiques et m�dicales : d'o� la rapide reconstitution � l'identique des facult�s de m�decine et de droit, qui reprennent � Paris leurs b�timents construits sous Louis XVI?

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    La reconstruction

    Les transformations fondamentales des ann�es 1880 sont l'oeuvre des trois hommes : le ministre Jules Ferry, son dynamique directeur de l'enseignement sup�rieur Louis Liard (il sera recteur de l'universit� de Paris en 1902), enfin le vice-recteur de l'acad�mie de Paris, Octave Gr�ard. S'attelant de front � la double r�forme des structures et des b�timents, ils ressuscitent en peu d'ann�es l'universit� de Paris et r�novent ce qui en est d�cid�ment devenu le symbole. En 1885, deux points sont acquis : d'une part la loi de finances supprime d�finitivement la facult� de th�ologie catholique (il en subsistera une pour la th�ologie protestante jusqu'� la s�paration de l'�glise et de l'�tat), vite remplac�e par une nouvelle section de l'�cole des hautes �tudes o� la religion sera l'objet d'investigations scientifiques ; surtout (d�cret du 25 juillet), les facult�s forment � nouveau dans chaque acad�mie un corps autonome, s'administrant, sous l'autorit� du recteur , par un Conseil des facult�s �lu (le nom d'universit� leur sera enfin restitu� par la loi du 10 juillet 1896). Dot�s de l'autonomie budg�taire, ces corps peuvent �galement - point tr�s important - recevoir des dons et des legs : discret appel � un m�c�nat sans lequel l'�tat, apr�s son engagement financier pour la reconstruction, n'aurait gu�re pu soutenir l'enseignement sup�rieur?

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    Des lieux pour le prestige ? La nouvelle Sorbonne

    Image4Les espaces "nobles" ont pos� moins de probl�mes. Le Grand amphith��tre , con�u pour des circonstances solennelles et non pour l'enseignement, est avec ses 1.128 places l'une des plus grandes salles de Paris. Gr�ce � sa structure m�tallique cach�e, il r�ussit � �viter les piliers g�nant la vue. La d�coration de cet immense espace m�ritait un soin particulier : N�not et Gr�ard convainquent en 1886 les Beaux-Arts de confier la r�alisation d'une grande toile peinte � Pierre Puvis de Chavannes, dont les couleurs claires s'accorderont avec l'ensemble du d�cor ; d'abord peu enthousiaste, le peintre r�alise finalement l'un de ses chefs-d'oeuvre avec le Bois sacr� (esquisse au Salon de 1887, inaugur� avec l'amphith��tre en 1889). Autour d'une "vierge la�que" - la Sorbonne -, une multitude de personnages, all�gories des disciplines enseign�es, animent la toile de fa�on sans cesse renouvel�e, �chappant � la monotonie que redoutait Puvis de Chavannes. Au Bois sacr� plac� au-dessus des si�ges du corps acad�mique, font �cho entre les niches de l'h�micycle six grandes statues de personnages assis (les fondateurs, deux grands hommes de lettres, deux grands hommes de science : Robert de Sorbon et Richelieu, Descartes et Rollin, Pascal et Lavoisier ; - un programme typique de l'�quilibre partout observ�).

    Image5Les abords du Grand amphith��tre ont toute la solennit� n�cessaire. Avec ses deux vol�es lat�rales, le grand escalier est un morceau de bravoure conforme � l'id�e d'un palais acad�mique ; en son centre devait s'�lever l'un des ornements les moins neutres de la Sorbonne, une R�publique debout entre une urne et un lion, "�tant le voile de l'ignorance du front d'un jeune fran�ais" (projet de Soitoux), qu'on rempla�a finalement par une plus sage "R�publique assise" de Delhomme. Il m�ne aux salons d'apparat. � l'autre bout du Grand amphith��tre, la Salle des autorit�s, destin�e � pr�senter solennellement les invit�s d'honneur au corps acad�mique, est orn�e de toiles tr�s contrast�es d'H�l�ne Dufau (la seule femme ayant particip� au d�cor) et de Benjamin-Constant?

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