Table d’apparat pliante - Musées de Strasbourg
Table d'appart pliante
Cette table d’apparat pliante acquise en 2010 est une pièce rarissime. Formée de deux panneaux rectangulaires, elle porte un riche décor peint illustrant le cycle des âges de la vie, très en vogue au Moyen Âge. La date de 1528 est peinte sur une plaque figurée dans la bordure. L’analyse stylistique de même que celle des textes permettent de rattacher le panneau à l’Allemagne du Sud Ouest.
Peu d’exemplaires de ce type de tables sont conservés ; on peut citer en particulier le plateau présenté dans les salles du musée du Louvre et figurant l’histoire de David (dû au nurembergeois Hans Sebald Beham, en 1534), ou les exemplaires des musées de Berlin, Zürich et Munich. Au musée de l’Œuvre Notre-Dame, elle enrichit la section Renaissance près des tableaux du grand maître alsacien Hans Baldung Grien (1484-1545).
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Ce plateau de table est formé de deux panneaux rectangulaires en bois assemblés par des charnières métalliques. Ce type de table d’apparat, que l’on posait sur des tréteaux, était souvent utilisé pour le jeu : des radiographies ont d’ailleurs dévoilé la présence d’un jeu d’échecs et d’un jeu de trictrac au revers, sous une couche de peinture imitant le bois.
Les panneaux présentent un riche décor peint figurant en vingt scénettes le déroulement de la vie d’un chevalier resté célibataire, depuis la naissance jusqu’au trépas. Chacun des épisodes s’accompagne d’un phylactère portant un commentaire de la scène en langue allemande. Au centre, un décor de fleurs, de fruits et d’oiseaux encadre deux scénettes décrivant les forfaits de petits singes. L’ensemble constitue une réflexion moralisante sur la vanité de la vie terrestre et la nécessité d’une bonne conduite.
Ce plateau peint s’avère ainsi caractéristique d’une période en mutation, encore imprégnée par la symbolique et les formes médiévales, mais déjà tournée par certains de ses motifs vers l’esthétique nouvelle de la Renaissance. La date de 1528 est peinte sur une plaque figurée dans la bordure, ainsi que des armoiries, qui n’ont pas pu être identifiées formellement à ce jour. Il s’agit peut-être de la famille de Sébastien Brant, célèbre auteur satirique strasbourgeois. L’analyse stylistique de même que celle des textes permettent de rattacher le panneau à l’Allemagne du Sud Ouest.

