Draria
| Draria | ||||
Château de Draria construit entre 1882 et 1884 | ||||
| Noms | ||||
|---|---|---|---|---|
| Nom arabe | درارية | |||
| Nom amazigh | ⴷⵔⴰⵔⵢⴰ | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Wilaya | Alger | |||
| Daïra | Draria | |||
| Code postal | 16050,16148,16186[1] | |||
| Code ONS | 1653 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 44 141 hab. (2008[2]) | |||
| Densité | 4 145 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 36° 42′ 50″ nord, 2° 59′ 52″ est | |||
| Superficie | 10,65 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya d'Alger | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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Draria est une commune de la wilaya d'Alger en Algérie, située dans la banlieue à environ 16 km au Sud-Ouest d'Alger.
Géographie
[modifier | modifier le code]Situation
[modifier | modifier le code]Urbanisme
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La commune est constituée d'un centre-ville en forme de village colonial et tout autour de nouveaux quartiers résidentiels. Au nord-ouest on trouve le quartier de Oued Tarfa qui se trouve à cheval sur les communes de Draria et El Achour[3] et au sud-ouest Boudjemaâ Temmime. Enfin à près d'un kilomètre au nord-est se trouve l'agglomération secondaire de Sebbala (سبالة).
Histoire
[modifier | modifier le code]Le territoire est occupé, dans un premier état attesté, par les groupements tribaux des Draria, des Sghiria, des Beni Arbia et des Ouled Sirah. Il est rattaché en 1835 à la commune rurale de Kadous, avant la création officielle d’un établissement de colonisation, le 10 janvier 1842, par acte administratif signé du général Bugeaud. La chronologie de l’établissement de la commune de Draria demeure incertaine, les plus anciens registres d’état civil conservés remontant à 1835. La toponymie de Draria apparaît également sous la forme « Drariah », ainsi qu’en témoignent un livret de famille daté de 1895 et une carte administrative de la province d’Alger publiée en 1867. L’étymologie du nom est généralement interprétée comme signifiant « colline du vent ». L’agglomération, édifiée sous l’égide du génie militaire, reçoit une population composée de travailleurs originaires de la métropole, ainsi que de migrants espagnols et suisses.
Le siège de la commune se trouve, durant environ une dizaine d’années, établi à Kaddous, localité située dans son voisinage immédiat. Les colons y sont désignés sous l’appellation d’« Européens », par contraste avec la population autochtone, qualifiée d’« indigène ». La milice est cantonnée dans des casemates disposées aux quatre angles du village, l’ensemble étant relié par un dispositif de fortifications continues. En 1845, le maire reçoit l’injonction de procéder à la fermeture des portes du village, à la suite d’escarmouches survenues dans le Sahel ; dans ce contexte sécuritaire dégradé, les Européens sont tenus de circuler armés durant la nuit. En 1890, des chutes de neige suivies de fortes gelées occasionnent des dommages considérables ; la commune obtient à ce titre une subvention destinée à l’indemnisation des sinistrés. Un épisode neigeux comparable est de nouveau attesté environ soixante ans plus tard. En 1957, se produit une nouvelle invasion de criquets pèlerins. Des pertes sont enregistrées, bien que la volaille domestique bénéficie de cet afflux d’insectes comme ressource alimentaire. Le séisme d’Orléansville constitue une catastrophe majeure dont les effets sont ressentis dans l’ensemble de la région algéroise, aux alentours de 1954.
La localité de Draria connaît plusieurs reconfigurations administratives au cours de la période considérée : elle est d’abord érigée sous la dénomination de commune de Kaddous, puis rattachée en qualité de section à la commune de Dely-Ibrahim en juillet 1857, statut qu’elle conserve jusqu’à l’intervention du décret du 8 décembre 1870, lequel lui restitue le rang de commune de plein exercice. Dans les premières décennies de la structuration municipale, les édiles sont désignés par l’autorité gouvernementale : M. Vender Bruck occupe ainsi la fonction de maire en 1835, M. Jouglar lui succède en 1836, puis le général Calixte Pélissier est investi en 1839. Par la suite, le mode de désignation paraît évoluer vers un principe électif, les magistrats municipaux étant vraisemblablement choisis au suffrage, selon des modalités progressivement instituées.
Située au cœur du Sahel algérois, à une quinzaine de kilomètres de la capitale, la circonscription s’étend sur une superficie de 1 629 hectares, culminant à une altitude de 194,50 mètres. L'économie locale repose primordialement sur une viticulture intensive qui s'arroge 617 hectares du terroir, complétée par des cultures maraîchères et une arboriculture fruitière. La sériciculture, par le biais de l'exploitation des mûriers, mobilise une trentaine de travailleurs. L'industrie extractive constitue l'autre versant de l'activité communale : cinq carrières de pierre, notamment sur le site de Kaddous, sont exploitées par une main-d'œuvre majoritairement ibérique comptant environ quarante ouvriers. Parmi ces gisements, l'extraction dirigée par la lignée Bianchina prédomine. Les matériaux de taille issus de ces excavations concourent à l'édification d'ouvrages majeurs de l'architecture coloniale et des infrastructures portuaires d'Alger, à l'instar de l'église Saint-Augustin, de l'hôpital Maillot ou du palais de justice. Entre 1882 et 1884, ces mêmes pierres servent à l'érection du château Béraud, demeure d'Achille Béraud, lequel exerce la magistrature municipale de Draria de 1886 à 1889. Le domaine connaît une mutation fonctionnelle le 1er octobre 1951 en devenant un préventorium. Parallèlement à ces vastes propriétés, le foncier de la population autochtone se caractérise par un morcellement ténu, les parcelles oscillant entre 0,25 et 3 hectares. La population européenne est passée de 256 en 1835 à 318 en 1850. La population indigène de 491 en 1835 à 2205 en 1950. Cette stagnation de la population européenne s'explique par la désertion des campagnes pour des situations en ville. En 1845, il y avait 446 habitants dont 263 Français, 116 Espagnols et 67 Suisses. À partir de 1848, il semblerait qu'il n'y ait plus eu d'état de nationalités, seulement un décompte d'indigènes et d'européens.
L’édifice ecclésiastique est élevé entre 1841 et 1842 sous l’égide du Génie civil. Son inauguration intervient le 3 novembre 1842, cérémonie présidée par Monseigneur Massenor, évêque de Marseille. L’ouvrage est alors dédié au prince Eugène, fils du général Guyot, officier de l’Empire. Une campagne de restauration est menée au début des années 1950, à l’issue de laquelle l’église est de nouveau consacrée le 3 juillet 1955 par Monseigneur Duval. À partir de 1856, le village de Draria est intégré à la commune de Dely-Ibrahim, avant d’accéder au statut de commune de plein exercice en 1870.
En 1963, les communes d’El Achour et de Baba Hassen font l’objet d’un rattachement administratif à cette entité, avant d’être de nouveau détachées à l’occasion de la réorganisation territoriale de 1984.
Démographie
[modifier | modifier le code]Population des différentes agglomérations en 1987 : Draria, 3 007 hab. ; Sebbala 2 916 hab.[8]
Population des différentes agglomérations en 1998 : Draria, 13 060 hab. ; Sebbala, 3 993 hab. ; Boudjemaa Temime, 2 356[8]
Populations des différentes agglomérations en 2008 : Draria, 34 193 hab. ; Sebbala, 9 948 hab.[9]
Sport
[modifier | modifier le code]- Club de football Jeunesse Sportive Draria (JSD).
- Club de football Chabab Riadhi Baladiat Draria (CRBD).
- Nedjem Riadhi Draria (NRD).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Bureaux postaux - Algérie Poste
- ↑ [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya d'Alger, sur le site de l'ONS.
- ↑ Oued El Tarfa tiraillée entre El Achour et Draria : Une agglomération perdue entre deux communes, El Watan, 25/07/2010
- 1 2 Avec El Achour et Baba Hassen
- ↑ Description d'Alger et de ses environs, par Victor Bérard,, 1867
- ↑ Tableau général des communes de plein exercice, mixtes et indigènes des trois provinces (territoire civil et territoire militaire) : avec indication du chiffre de la population et de la superficie - Gouvernement général de l'Algérie, Direction générale des affaires civiles et financières
- ↑ La situation financière des communes de France et d'Algérie - Ministère de l'intérieur
- 1 2 Dictionnaire des localités algériennes, Achour Cherfi, Casbah éditions, p. 422
- ↑ ONS, 5e RGPH - 2008 - Armature Urbaine - Collections Statistiques no 163/2011 Série S : Statistiques Sociales, p. 58 [PDF]
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Colette Zytnicki, Un village à l'heure coloniale. Draria, 1830-1962, Belin, 2019, 320 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « DRARIA : Origine de la Commune de Draria », sur kouanani.blogspot.com (consulté le )
